Les indications
Le phénomène hypnotique est un déplacement de l’attention, une mise en sommeil de la conscience pour permettre à l’imagination de la personne de sortir de la réalité ou d’en inventer une nouvelle.
Nous vivons naturellement cette situation toutes les 60 à 90 mn selon les auteurs, pour des périodes de quelques secondes à plusieurs minutes lors de moments de rêverie, de distraction, de grande concentration, mais également lors de situations propices au déclenchement : spectacles, concerts, expositions, conduite automobile, voyages, pratiques d’un art… Mais aussi nos salles d’attente médicales…
La personne est en capacité de se détacher de ses fonctions réflexives et intellectuelles et de s’installer dans une sensorialité qui fonctionne par le corps en dehors de la « raison ».
« Guérir ou soulager par l’hypnose ne consiste pas à supprimer des symptômes mais à produire un vécu ou une perception nouvelle qui modifient le lien au symptôme », nous retrouvons ici le recadrage, cher à Milton Erickson.
Puisqu’il s’agit d’un fonctionnement propre à l’humain, son utilité est donc évidente pour toutes les affections mais à des degrés divers et de façon différente pour chaque personne et pour chaque situation que cette dernière traverse.
La propriété de l’hypnose est de faire circuler l’individu sur son propre territoire qui contient, entre autres choses, tous les savoirs accumulés depuis la naissance.
Il arrive qu’à force de se déplacer dans son monde intérieur, il retrouve un mécanisme de perception qui faisait partie de lui et qui l’éloignera du problème ou de l’addiction.
« Mon but en tant que clinicien est toujours d’amener le patient à composer avec ses parties efficiente, saine, utilisable et ses forces vitales parfois en veilleuse chez lui » nous disait Gaston Brosseau.
Parfois le symptôme peut être le « cache » d’une souffrance profonde, qui doit alerter le thérapeute et l’amener à prévoir une prise en charge multidisciplinaire.
On évoque en particulier l’intérêt de l’hypnose dans :
– Les troubles psychosomatiques
– Les troubles dépressifs
– Les troubles anxieux
– Les troubles du sommeil
– Les troubles phobiques
– Le stress post-traumatique
– Les addictions
– La préparation des sportifs.
L’hypnose est un outil puissant dans le cas de certaines pathologies psychiatriques telles les psychoses ; des résultats étonnants sont parfois obtenus par des psychiatres formés et chevronnés.
Mais c’est dans le contrôle de la DOULEUR qu’elle développe de surprenantes facultés.
Le contrôle n’est souvent pas absolu mais peut autoriser, chez certains patients, un geste chirurgical : les patients perçoivent la douleur mais elle n’a plus d’emprise sur eux.
Indications majeures dans la Douleur
La douleur aiguë et chronique
Le membre fantôme
Les cancers
Les soins palliatifs : pour la personne et son entourage
La prise en charge de l’enfant et de la personne âgée
L’anesthésie et la réanimation
Les actes potentiellement traumatisants : ponction lombaire, biopsie, infiltration…
Le risque, pour les thérapeutes novices en la pratique de l’hypnose, est de ne pas respecter les règles de bonne pratique et dont le non-respect peut conduire à la création de faux souvenirs.
Il est donc impératif que le thérapeute soit un professionnel de santé ayant suivi un cursus d’au moins 250 heures de formation.